Les
publications de Michel Galabru
Quand
j'étais jeune, ça m'aurait bien dit d'être écrivain. Mais j'avais le complexe
du cancre. J'avais la syntaxe flottante, l'orthographe incertaine. Et puis,
il fallait inventer des histoires, créer des personnages.
Peut-être n'en avais-je pas le talent. C'est plus facile, l'âge venant de réinventer
sa vie, d'écrire ses "mémoires".
Moi j'avais l'impression de m'être fait baiser ; d'abord par les profs, par
les parents, par les curés, puis par les femmes, les agents du fisc, les metteurs
en scène.
A la relecture, je me rends compte aujourd'hui combien ce sentiment était justifié.
Mais je n'avais pas perçu à quel point tout cela était une farce énorme : "Une
histoire de fou racontée par un ivrogne".
En fait, seules les incandescences, les étincelles, sont intéressantes, le reste
n'est là que comme remplissage, une sorte de sauce qui a le même goût pour tout
le monde, qu'on soit clown ou plombier.
Mes mémoires c'est ça : "Du ketchup avec des étincelles".

Parution
: septembre 1996
Editeur : Harca
"On pourrait dire de Marcel
Pagnol qu'il est l'enfant naturel de la Provence et des hussards noirs de la
République, ou le fils caché de Cyrano de Bergerac et de la fée électricité.
Je crois plutôt
qu'il s'est enfanté lui-même comme tous les auteurs dignes de ce nom.
Moi qui ai rencontré Marcel Pagnol à plusieurs reprises, mais qui ai surtout
eu l'honneur de le jouer souvent et longtemps, j'avais envie de raconter cet
écrivain pas comme les autres, cet auteur solaire qui fonctionne à tous les
coups parce qu'il croit en l'humain".
Parution
: novembre 1999
Editeur : Flammarion
"Par
une froide matinée de l'automne 1953, un jeune homme arpente d'un pas indécis
le trottoir d'une avenue bordant le Champ-de-Mars à Paris.
Et s'il n'a pas l'air de savoir où il va, c'est qu'il sait trop bien où il devrait
aller. Seulement voilà...De temps en temps, il jette un coup d'oeil vers les
fenêtres d'une belle maison particulière comme pour guetter un signe...
Dans sa poche il y a une lettre d'introduction, comme on dit. Mais, plus il
y pense, plus il se demande si c'est une bonne idée.
Certes c'est simple d'aller voir un homme, de lui dire qu'on l'admire, qu'en
somme, il est tout pour vous... Oui, mais tout de même, comment oser ?
Surtout avec cette lettre chiffonnée. Voilà, c'est ça, avec une autre, là, il
aurait le courage, il irait sonner... Alors, on lui ouvrirait, on l'annoncerait,
et il entendrait l'inimitable voix du maître résonner sous la voûte du premier
étage.
Finalement rien ne presse... il reviendra demain, ou un autre jour...
Je vais vous faire un aveu, ce jeune homme c'était moi. Quant à celui que je
n'ai jamais osé aller importuner, cet homme qui avait illuminé ma vie et décidé
de ma vocation théâtrale par son génie, sa culture, son charme, sa fantaisie
et son esprit c'était Sacha Guitry.
Et si la vie des grands hommes n'a parfois rien d'extraordinaire, la sienne,
au contraire, a été riche, étincelante, brillante, un peu comme s'il avait décidé
de la façonner à l'image de son œuvre ".

Parution
: mai 2001
Editeur : Flammarion
"De l'espoir j'en ai
eu. Des rôles j'en ai tournés.
C'est ce qui restera. Mais moi-même, je ne m'intéresse pas beaucoup.
En vérité, en écrivant ces souvenirs, je me rends compte que quelqu'un marche
auprès de moi qui n'est pas moi, mais un acteur qui a tourné tant de films,
joué tant de pièces, un homme que les passants reconnaissent et ne connaissent
pas.
Cinquante ans de théâtre ? De cinéma ?
Déjà ! Mais
c'était hier que j'arrivai à Paris... Tout a été si vite !"
Parution
: octobre 2002
Editeur : Flammarion